Grise école

L’école, j’y vis presque. Alors je sors de ma réserve (vous me pardonnerez, je ne le fais que rarement).
J’y suis de 8h00 le matin jusque 18h30 le soir.
Je fais des semaines de 45 heures, parfois au détriment de ma vie de famille.
Je passe des heures à remplir la paperasse qu’on nous demande de faire en plus du reste (car maintenant nous faisons aussi du secrétariat).On me demande par ailleurs de pointer mes heures dans un tableau absurde, alors que j’en fais bien plus que ce qui est théoriquement demandé, car c’est juste mon boulot.
Demain, l’an prochain, ou dans deux ans, que va devenir l’école?

Le programme pour la rentrée 2011 est déjà plié:

  • augmentation des effectifs dans les classes (dans mon école, la petite-moyenne section sera à 33 à la rentrée après une fermeture de classe, les autres classes à 29 en moyenne en double niveau). On ne peut pas faire autant de choses avec 30 élèves qu’avec 24, c’est
    évident. Comment, dès lors, donner cette attention particulière nécessaire aux enfants en difficulté?

  • disparition progressive des remplaçants… ce seront bientôt des étudiants ou des vacataires non formés pour enseigner qui garderont vos enfants de temps en temps. Quand il y a des journées durant lesquelles des enseignants sont malades et non remplacés, ce sont des classes à 35 que nous encadrons, voire plus.
  • suppression de la formation des professeurs des écoles: ils débarqueront directement en classe après un concours à bac+5 très théorique, et qui n’apprend en rien à conduire une classe chargée et les difficultés liées à certaines situations.
  • suppression des enseignants spécialisés dans les troubles du comportement, disparition progressive des psychologues scolaires (autrement dit le Réseau d’aide aux élèves en difficulté), même l’utilité des conseillers pédagogiques est remise en cause.

Comme le dit Lisa, le gouvernement marche sur la tête. Et qui réagit? Pas grand monde.
C’est une des première fois où le gouvernement ne cherche plus d’amélioration du point de vue de la qualité de l’école, mais reste uniquement dans du quantitatif, en poursuivant dans une baisse importante du budget.
Et moi, si je paye des impôts, c’est en partie justement pour avoir une « école pour tous », pas pour voir laissés de côté les élèves en difficulté, ceux qui en ont le plus besoin, de cette école. Je ne paye pas d’impôts pour avoir une école au rabais.
L’école coûte cher, certes. L’école peut et doit changer, c’est sur. Mais elle ne doit pas être diminuée de ses forces.
Ce seront encore les plus faibles qui paieront les pots cassés. Encore.

Source: http://dangerecole.blogspot.com/
Pour ce post, si besoin, je répondrai dans les commentaires.
@ très vite, pour des sujets plus « légers… »

16 réponses à “Grise école”

  • Anne:

    Dire que je suis à 100% d’accord avec toi est une faible formule… Je suis vraiment désespérée et découragée de voir qu’on laisse faire sans réagir. Franchement, c’est ce que je disais hier à Lisa, je suis très inquiète.
    Quant à l’augmentation du nombre d’élèves par classe, cette année j’ai 2 troisième à 30 élèves, je peux te dire que lorsque je corrige les rédac je souffre! Evidemment, comme je ne suis pas wonderwoman, je fais moins d’évaluations que ce qu’il faudrait… mais sinon, je corrige même la nuit!
    Bref, j’arrête de râler mais ça me mine vraiment le moral.

  • Dom':

    Les corrections sont longues mais à la rigueur, ce n’est pas le pire: je survis à 25 cahiers du jour quotidiens + les évaluations. Le pire c’est de ne pas pouvoir faire autant de choses que l’on voudrait en classe car les groupes sont trop importants… ce sont les gamins qui en pâtissent.

  • Rhaaaaaaa parfois je rage et je rage souvent, j’ai souvent envie de mettre des posts légèrement « gueulards » ( pardonne moi l’expression).
    Je vais juste dire une chose, ce sont toujours les plus faibles qui paient.

  • Autre chose: Je trouve que le niveau scolaire de nos enfants à déjà beaucoup baissé mais là on va vraiment vers le fond du fond.

  • Il y a de quoi être découragé. La réforme du lycée ne vise qu’à masquer les suppressions de profs, les effectifs explosent également, les profs pour de longues absences prévues (on ne parle pas des courtes)sont remplacés par des surveillants…On croirait revenir 50 ans en arrière quand on voit les nouveaux programmes. exemple : la littérature s’arrêtera au 19ème siècle en classe de seconde. Même plus possible d’étudier un roman récent. Au collège, plus question d’étudier de la littérature de jeunesse.
    Un beau massacre !

  • Je plains nos enfants…

  • C’est la cata ! Je suis dans le même cas que toi, avec une classe de GS, CP et CE1 à 27 !!!! Et l’an prochain, j’ai déjà 17 CP et 11 CE1 de sûrs s’il n’y a pas d’inscription d’ici là !!
    Ma solution ? ( qui n’en est pas une, je le sais) : prendre un an de congès parental et continuer à croire que tout peut encore s’arranger ! Optimiste ? utoppiste ? peut être ; mais en même temps, mieux vaut l’être, pour excercer ce métier…
    Courage !!!

  • Heu…utopiste, avec un seul p, je voulais dire !!!
    Un dernier mot : il va falloir faire la révolution si on veut vraiment s’en sortir ( et là, c’est la réaliste pas optimiste du tout qui parle !)

  • A lire sur le même sujet, « Comment achever l’enseignement primaire? » :
    http://alternatives-economiques.fr/blogs/peugny/2010/06/02/comment-achever-lenseignement-primaire/

    Très intéressant et argumenté.

  • Je suis entièrement d’accord avec tout ça !
    Et quand j’entends que le nombre d’élèves dans une classe n’a aucune incidence sur les résultats scolaires des élèves, ça me fait vraiment bondir ! Mais qui ose penser ce genre de chose ??

    Sans parler des nouvelles modalités du recrutement des enseignants… Savez-vous que pour obtenir le CAPES il faut un certificat attestant du niveau A2 dans une langue étrangère ? Ah bon, j’ignorais totalement que pour enseigner la physique ou les mathématiques il fallait aussi s’y connaître en anglais, allemand ou italien…
    L’école marche vraiment sur la tête ! Et en attendant, le niveau de nos chères têtes blondes ne cesse de baisser…

  • Et le pire dans tout ça, c’est qu’il est vraiment dur de faire bouger les troupes ; j’étais la seule greviste à la dernière grève sur une école de 15 classes. Car la grève n’est plus ressentie comme un moyen d’action. Pour ma part, faire grève ne sert pas à grand chose, mais ne pas la faire est bien pire.

  • LZ:

    Destruction systématique de l’école à tous les niveaux (de la maternelle à l’Université). A mon avis, l’école publique est déconstruite au profit des écoles privées (pas forcément d’obédience religieuse d’ailleurs) et des parents qui pourront payer. Les pauvres et les élèves en difficulté n’auront qu’à se débrouiller dans des classes surchargées ou des facs de 3è niveau…
    Mes premiers pas d’enseignante en Seine Saint Denis m’avaient déjà laissé un goût amer quant au peu de prise en charge et de considération de la part de l’institution face aux élèves en difficulté…c’était il y a 10 ans…et malheureusement, cela empire ! Je voudrais être positive et optimiste mais je crois que ce gouvernement use de toutes les ficelles pour détruire l’école de Jules….

  • j’ai lgtps un peu regretté de ne pas avoir passé le concours et ne pas être instit’ et puis, aujourd’hui »hui, quand je vois leurs, vos conditions de travail, je regrette moins et surtout, je vous admire de continuer à aimer ce que vous faites, malgré tout…

  • Hélas oui, quel massacre ! Je n’en peux plus, je suis à bout… (Mais heureusement, ouf, plus de direction pour moi l’année prochaine !!!)

  • terrible ! en effet !
    trouver l’école aussi qui va bien ce n’est pas si aisé et comme me le disaient des amis profs… le privé est parfois un meilleur choix que le public au niveau personnes dispo….
    pas facile même en tant que parents

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